Il y a un mot que vous employez sans le savoir chaque fois que quelqu'un vous captive : « mesmérisé ». Il vient d'un seul homme, Franz Anton Mesmer, un médecin allemand qui, dans le Paris des années 1780, devint la coqueluche des salons avant d'être l'un des plus grands scandales scientifiques de son siècle. Et qui, sans jamais le revendiquer, a posé la première pierre de l'hypnose moderne.
Le magnétisme animal
La théorie de Mesmer tient en une idée : un fluide invisible circulerait entre les astres, les corps et les êtres vivants. La maladie ? Un blocage de ce fluide. La guérison ? Le rétablir, en le canalisant par des passes des mains et des aimants. Il appela cela le magnétisme animal, ou mesmérisme.
À Paris, sa pratique devint un véritable spectacle. Autour de son célèbre baquet, une grande cuve remplie d'eau magnétisée et hérissée de tiges de fer, des dizaines de patients se tenaient en cercle, reliés par des cordes, dans une pénombre tendue de musique. Et là, l'incroyable se produisait : les gens entraient en crise, tremblaient, riaient, pleuraient, tombaient en transe… puis se disaient guéris.




La gloire, puis le scandale
Le Tout-Paris se presse chez Mesmer. La cour s'y intéresse, l'argent afflue. Fait savoureux : il fut aussi un protecteur du jeune Mozart, dont un opéra fut créé dans son jardin viennois. Mais une telle célébrité finit par déranger la médecine officielle.
En 1784, Louis XVI nomme une commission royale pour enquêter. Et quelle commission : on y trouve Benjamin Franklin, le chimiste Lavoisier, l'astronome Bailly, et un certain docteur Guillotin. Méthodiques, ils imaginent ce qui est sans doute l'un des premiers tests en aveugle de l'histoire : on fait croire à des patients qu'on les magnétise alors qu'il n'en est rien, et l'inverse. Le verdict tombe : les effets sont bien réels, mais ils ne viennent d'aucun fluide. Ils viennent de l'imagination.
Pour Mesmer, c'est la fin. Discrédité, il quitte Paris et finit ses jours dans une relative obscurité, au bord du lac de Constance, en 1815.
Le vrai héritage : la puissance de la suggestion
Voilà le paradoxe magnifique de cette histoire : la commission qui voulait l'enterrer a, sans le vouloir, validé sa plus grande découverte. Car si les effets ne venaient pas d'un fluide mais de l'esprit, de l'attente, de la suggestion… alors Mesmer venait de prouver que l'esprit pouvait agir sur le corps. Une génération plus tard, ses héritiers donneront un nom à ce phénomène : l'hypnose.
C'est exactement ce terrain que j'explore, à ma manière, dans mes spectacles. L'hypnose de spectacle joue de cette suggestion pour faire vivre l'inattendu à des volontaires ; le mentalisme, lui, en explore une autre facette, celle de l'influence et de la lecture des esprits. Deux cousins directs de ce que Mesmer avait entrevu, sans le comprendre.
Petit clin d'œil pour finir : l'un des rares baquets authentiques de Mesmer encore conservés se trouve… à la Bibliothèque municipale de Lyon. L'histoire de l'hypnose a, elle aussi, ses racines tout près d'ici.
Le verbe « mesmériser » vient directement du nom de Mesmer.
Ce que je retiens de Mesmer
On a fait de Mesmer un charlatan, et il s'est en effet trompé sur tout… sauf sur l'essentiel. Derrière le baquet et le fluide imaginaire, il avait touché du doigt une vérité que toute la magie de l'esprit explore encore : notre cerveau, par la seule force de l'attente et de la suggestion, est capable de choses stupéfiantes. C'est cette fascination-là, intacte depuis deux siècles, que j'aime réveiller devant un public.
Un spectacle d'hypnose pour vos invités
La puissance de la suggestion, en version spectacle : des volontaires qui vivent l'inattendu, sous les rires de toute la salle. Pour vos soirées et événements d'entreprise, à Lyon, Genève et au-delà.
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