Un siècle après sa mort, son nom est resté synonyme d'évasion : quand quelqu'un se sort d'une situation impossible, on dit qu'il a fait « un Houdini ». Aucun magicien n'a marqué l'imaginaire collectif à ce point. Pourtant, derrière la légende se cache un gamin pauvre de Budapest, un travailleur acharné, et un sceptique redoutable.
Qui était Harry Houdini ?
Il naît Erik Weisz le 24 mars 1874 à Budapest, fils d'un rabbin. La famille émigre aux États-Unis, où le nom devient Ehrich Weiss. Enfant, il enchaîne les petits boulots ; adolescent, il découvre la magie et se prend de passion pour un maître : le Français Jean-Eugène Robert-Houdin. En hommage, il s'invente un nom de scène, Houdini, « comme Houdin ». L'admiration tournera pourtant à l'aigre : des années plus tard, éconduit par la famille de son idole lors d'un voyage en France, Houdini lui consacrera un livre entier… pour tenter de le démolir (toute l'histoire sur la fiche de Robert-Houdin).
Les débuts sont difficiles : numéros de cartes dans les foires, spectacles à deux sous. Jusqu'au jour où il trouve son angle : l'évasion. Défier la police de l'enchaîner, se libérer de n'importe quelles menottes… Le public est happé. « Harry Handcuff Houdini » est né, et la gloire suit.
Le roi de l'évasion
Ce qui rendait Houdini unique, ce n'était pas un secret : c'était le danger réel. Là où d'autres simulaient, lui risquait sa peau pour de vrai, soir après soir :
- La cellule de torture aquatique chinoise : immergé la tête en bas, les pieds entravés dans un caisson de verre rempli d'eau, sous les yeux d'un public qui retenait son souffle avec lui.
- La camisole de force suspendue : hissé par les pieds au sommet d'un immeuble, il se libérait devant des milliers de passants amassés dans la rue.
- Le bidon de lait : cadenassé dans un bidon rempli d'eau, « Échec = mort par noyade », promettait l'affiche.
- Enterré vivant : en 1915, il tente de s'extraire d'une fosse comblée de terre… et manque réellement d'y rester.
Et quand il s'attaquait à la grande illusion de scène, il voyait grand : en 1918, à l'Hippodrome de New York, il fit disparaître une éléphante, Jennie, devant cinq mille spectateurs.

Houdini filmé : les archives de 1907
Plus d'un siècle plus tard, on peut encore le voir à l'œuvre : ces images, tournées de son vivant, comptent parmi les plus anciennes archives de la magie.
Il a pris son nom de scène en hommage au magicien français Robert-Houdin.
Ses affiches légendaires
À l'époque, l'affiche lithographiée était reine. Celles de Houdini, chaînes, diables, défis lancés au public, sont devenues des icônes :






Le démystificateur
Voici la face méconnue du personnage : Houdini était un sceptique militant. À la mort de sa mère adorée, il consulte des médiums dans l'espoir de la joindre, et découvre la supercherie. Furieux qu'on exploite ainsi la douleur des gens, il déclare la guerre aux faux spirites.

Il assiste à leurs séances déguisé, démonte leurs trucages en public, témoigne devant le Congrès américain. Cette croisade lui coûte une amitié célèbre : celle d'Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, convaincu, lui, que Houdini possédait de vrais pouvoirs. Houdini eut beau jurer le contraire… rien n'y fit.
Sa mort, un soir d'Halloween
En octobre 1926, un étudiant le défie : est-il vrai qu'il peut encaisser n'importe quel coup au ventre ? Avant que Houdini ne soit prêt, le jeune homme le frappe plusieurs fois. Quelques jours plus tard, terrassé par une péritonite (son appendice avait éclaté), Houdini s'éteint à Détroit, le 31 octobre 1926, le soir d'Halloween. Il avait 52 ans.
Avant de mourir, il avait convenu d'un code secret avec sa femme Bess : s'il existait un au-delà, il le lui transmettrait. Pendant dix ans, elle tint une séance chaque Halloween. Le message ne vint jamais. Le plus grand démystificateur de tous les temps avait, jusqu'au bout, gardé l'esprit critique.
Ce que je retiens de Houdini
Houdini m'inspire pour une raison simple : il a compris qu'une illusion ne vaut que par l'émotion qu'elle déclenche. Ses évasions n'étaient pas des énigmes techniques, c'étaient des histoires de vie ou de mort, et c'est pour ça qu'on s'en souvient un siècle plus tard. Son époque était d'une intensité folle, celle d'un Chung Ling Soo, mort en scène, et Hollywood ne cesse de la raconter dans les films de magie.
C'est cet esprit que je cherche dans la magie de scène : pas seulement épater, mais suspendre la respiration d'une salle entière, ensemble, le temps d'un instant impossible.
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Apparitions, lévitations, grand spectacle : l'héritage de Houdini, c'est la magie qui rassemble toute une salle et lui coupe le souffle. C'est ce que je conçois pour vos soirées et vos galas, à Lyon et bien au-delà.
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