Portrait de John Nevil Maskelyne, magicien anglais
L'univers de la magie  ›  John Maskelyne
Portrait · le maître de l'Egyptian Hall

John Maskelyne, le magicien démystificateur

Un horloger qui surprend le truc de faux spirites, promet de le refaire en public… et finit à la tête de « la Maison du Mystère d'Angleterre ». Trente ans de règne, des automates, et une croisade.

Nom completJohn Nevil Maskelyne
Naissance1839 · Cheltenham
Mort1917 · Londres
Connu pourL'Egyptian Hall & l'automate Psycho

Avant d'être magicien, John Nevil Maskelyne était horloger à Cheltenham. Retenez ce détail : toute sa magie en découle. La précision, la mécanique, les rouages invisibles : là où d'autres cultivaient le geste, lui construisait des machines à mystère.

Le déclic : démasquer les frères Davenport

1865. Les frères Davenport, vedettes américaines du spiritisme, font étape dans sa ville avec leur fameuse armoire d'où les « esprits » font voler les instruments de musique. Dans la salle, le jeune Maskelyne surprend le truc. Il se lève, dénonce la supercherie, et promet de reproduire le prodige publiquement, sans esprits. Quelques mois plus tard, avec son ami l'ébéniste George Cooke, il tient parole devant une salle comble. Sa carrière était lancée, et sa croisade aussi. Amusant détail d'histoire : un certain Harry Kellar fit, lui, ses débuts comme assistant de ces mêmes Davenport.

Voir le truc, le dénoncer, et promettre de refaire le miracle sans esprits : toute la philosophie de Maskelyne tient dans cette soirée de 1865.

Trente ans de Maison du Mystère

À partir de 1873, Maskelyne et Cooke s'installent à l'Egyptian Hall, sur Piccadilly, qui devient sous leur règne « England's Home of Mystery », la Maison du Mystère d'Angleterre. Trois décennies de représentations quotidiennes, un record absolu : des générations de Londoniens y ont découvert la magie, et les plus grands artistes du monde, dont le Lyonnais Buatier de Kolta, y ont présenté leurs créations.

Psycho, l'automate qui jouait aux cartes

Sa création la plus fascinante reste Psycho (1875) : une petite figurine mécanique assise sur un socle transparent, capable de jouer au whist, un jeu de cartes, contre des spectateurs… et de les battre. Londres s'arracha les places pendant des années pour percer le mystère de ce joueur imperturbable. L'horloger avait encore frappé : le secret de Psycho ne fut jamais éventé de son vivant.

L'inventeur du quotidien

Génie mécanique oblige, Maskelyne déposa aussi des brevets très terre-à-terre : une machine à écrire à espacement proportionnel, et surtout la fameuse serrure à pièce des toilettes publiques londoniennes. L'expression anglaise « to spend a penny » (dépenser un penny, pour dire aller aux toilettes) vient directement de son invention. Peu de magiciens peuvent se vanter d'avoir marqué la langue anglaise par ce bout-là.

La croisade contre les faux médiums

Toute sa vie, Maskelyne a poursuivi le combat commencé face aux Davenport : reproduire sur scène les « miracles » des spirites pour prouver la supercherie, écrire (son livre Modern Spiritualism fit date), témoigner dans des procès. À une époque où de faux médiums extorquaient des fortunes aux familles endeuillées, ce combat pour la raison était tout sauf anecdotique. Houdini reprendra le flambeau avec la même rage.

Une dynastie de magiciens

Maskelyne fonda une véritable dynastie. Son fils Nevil, magicien et pionnier de la radio, est entré dans l'histoire en 1903 pour avoir piraté la première démonstration publique de Marconi, en envoyant des messages moqueurs en morse dans son récepteur « sécurisé » : l'un des tout premiers hacks de l'histoire des télécommunications. Son petit-fils Jasper mit l'illusion au service de l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, camouflages et leurres à l'appui.

L'Egyptian Hall de Piccadilly, théâtre de Maskelyne
L'Egyptian Hall, « Maison du Mystère d'Angleterre » pendant 30 ans.
La machine à écrire inventée par Maskelyne, vers 1890
Sa machine à écrire (v. 1890) : l'horloger ne dormait jamais.
Modern Spiritualism, le livre de J.N. Maskelyne contre les faux médiums
Modern Spiritualism : sa charge contre les faux médiums.
Vrai ou faux · le saviez-vous ? Question 1 / 6  ·  Score 0

Maskelyne était horloger avant d'être magicien.

À Cheltenham. Toute sa magie mécanique, automates en tête, vient de là.

Ce que je retiens de Maskelyne

Maskelyne incarne une éthique qui me tient à cœur : l'illusionniste annonce la couleur. Il vous trompe avec votre accord, pour vous émerveiller, jamais pour vous exploiter. Sa guerre contre les faux médiums, c'est la frontière sacrée de notre métier : du mystère, oui ; du mensonge, jamais. Quand je précise sur scène que je n'ai aucun pouvoir, juste de la psychologie et de la technique, c'est un peu de Maskelyne qui parle.

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Illusions, mystère et lecture des esprits, sans jamais prétendre à aucun pouvoir : l'héritage de Maskelyne, je le fais vivre pour vos soirées et événements, à Lyon, Genève et au-delà.

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