Oui, et la mauvaise nouvelle est que ça s'apprend exactement comme un instrument : lentement. Méfiez-vous de tout ce qui promet de faire de vous un mentaliste en quelques minutes. C'est le meilleur moyen de rater le premier effet devant de vrais gens, et d'abandonner.
Par où commencer
La littérature existe et elle est accessible à tous. Les 13 Steps to Mentalism de Tony Corinda et Practical Mental Magic de Theodore Annemann restent les deux portes d'entrée classiques : on y trouve l'essentiel des principes qui servent encore aujourd'hui. Bonne nouvelle pour qui ne lit pas l'anglais : les deux existent en français. Le Corinda a été traduit en conservant son titre anglais, ce qui achève de brouiller les pistes, et l'Annemann est paru sous le titre Mentalisme Pratique, dans une traduction de Christian Chelman chez Fantaisium. Derren Brown a publié Pure Effect en 2000, ouvrage plus théorique, qui a formé une génération entière.
Ce qu'aucun livre ne donne
Mais l'essentiel ne se lit pas. Ce qui fait la différence entre quelqu'un qui connaît vingt techniques et quelqu'un dont on se souvient, c'est le temps passé devant de vrais spectateurs, à se tromper, à sentir un silence se créer ou retomber. J'ai commencé en 2010 et je fais environ deux cents événements par an : je continue d'ajuster des choses sur des expériences que je présente depuis dix ans.
Pour donner un ordre de grandeur, les 13 Steps to Mentalism de Corinda comptent, comme leur titre l'indique, treize étapes qui couvrent chacun une famille de techniques : un praticien sérieux met des années à en maîtriser réellement trois ou quatre. Un dernier conseil, si vous débutez : travaillez trois effets jusqu'à les rendre irréprochables plutôt que trente approximatifs. En mentalisme plus qu'ailleurs, un raté ne se rattrape pas. Il n'y a pas d'objet derrière lequel se cacher.