Gaëtan Bloom montrant ses deux mains ouvertes, paumes vides, vers l'objectif
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Portrait · le magicien des magiciens

Gaëtan Bloom, le magicien des magiciens

Vous l'avez vu au cinéma sans retenir son nom, et vous avez probablement applaudi ses tours : joués par quelqu'un d'autre.

Nom de naissanceJean-Louis Blum
Naissance1953 · Paris
SpécialitéCréation d'effets et comédie magique
DistinctionsPrix spécial FISM 2006 · Fred Kaps Award 2017

Il y a dans mon métier deux façons d'entrer dans l'histoire. La première est de monter sur scène et d'y rester assez longtemps pour que le public retienne un nom.

La seconde est d'inventer quelque chose que d'autres joueront pendant quarante ans, sans que personne ne sache d'où ça vient. Il a fait les deux. C'est la seconde qui explique pourquoi les magiciens parlent de lui avec une déférence que le grand public ne comprend pas toujours : le site spécialisé Vive la Magie va jusqu'à le ranger parmi « les magiciens les plus célèbres au monde dans la communauté magique ».

4 000représentations au Crazy Horse
20 anssur la même scène
15films à son générique
2distinctions mondiales

Qui est Gaëtan Bloom ?

Gaëtan Bloom, de son vrai nom Jean-Louis Blum, est un magicien, créateur et comédien français né en 1953 à Paris. Il est surtout connu de la profession comme inventeur d'effets, joués dans le monde entier par d'autres artistes. Il a tenu l'affiche plus de vingt ans au Crazy Horse, reçu le prix spécial de la FISM en 2006 puis le Fred Kaps Award en 2017, et il joue aujourd'hui au théâtre du Double Fond, à Paris.

Pourquoi les magiciens le connaissent-ils tous ?

Parce qu'ils jouent ses tours. Pour comprendre sa place, il faut savoir comment circule un tour. Un magicien de scène joue un répertoire ; il ne l'invente pas forcément. Derrière chaque effet applaudi, il y a quelqu'un qui a passé des mois à résoudre un problème mécanique, puis qui a vendu la solution, sous forme de notice ou de matériel, à des confrères qui l'exploiteront devant leur public. Ce métier-là ne monte jamais saluer.

Bloom est l'une des rares figures françaises à en vivre au plus haut niveau. Le théâtre du Double Fond, qui le programme, cite parmi ses créations devenues des standards l'Intercessor, un effet de coin de carte déchiré, et l'Escalator, une version de la carte ambitieuse. Ces deux noms ne vous diront rien. Demandez-les à n'importe quel cartomane professionnel : il saura de quoi vous parlez, et il y a de bonnes chances qu'il en ait joué une version.

C'est une économie invisible, et elle est brutale. Un créateur ne touche rien sur les représentations. Il est payé une fois, à la vente de l'idée, et regarde ensuite son effet tourner sur des scènes où son nom n'apparaît nulle part. La seule monnaie qui lui reste est la reconnaissance du milieu.

Elle explique aussi pourquoi il n'a jamais été une vedette de télévision en France, contrairement à Gérard Majax ou à Garcimore. Ce n'était pas le même métier. Eux occupaient l'antenne ; lui fournissait la boîte à outils. C'est aussi pourquoi son nom circule davantage dans les congrès de magie et les catalogues professionnels que dans les grilles de programmes.

  • L'Intercessor : un effet de coin de carte déchiré, cité par le Double Fond parmi ses créations devenues des standards.
  • L'Escalator : sa version de la carte ambitieuse, jouée par des professionnels qui n'ont jamais vu son nom sur une affiche.
  • Les épingles : son linking pins, deux épingles de nourrice qui se lient et se délient dans les mains du spectateur. L'un des rares effets modernes à porter le nom de son auteur dans le jargon du métier.
  • Des notes de conférence et le coffret Bloomeries : le support par lequel un créateur transmet ses solutions à ses confrères.
Un créateur est payé une fois. Son effet, lui, tourne pendant quarante ans.

Un de ses numéros, je le joue encore aujourd'hui

Ce n'est pas une formule. Parmi les effets que je sors presque à chaque prestation, il y en a un de lui : une bague empruntée à un spectateur disparaît entre ses propres mains, et il la retrouve quelques minutes plus tard dans son portefeuille, celui qu'il n'a pas quitté des yeux ni lâché de la soirée.

Je le joue depuis des années, en cocktail debout comme à table, en français comme en anglais. C'est l'un des très rares tours dont je sais à l'avance qu'il fonctionnera quelle que soit la salle, quel que soit le public, et c'est précisément ce qui définit une bonne création : elle marche entre d'autres mains que celles de son auteur.

Voilà ce que veut dire « créateur » dans ce métier. Le spectateur qui repart bouleversé ce soir-là racontera mon nom à ses collègues le lendemain. Le moment qu'il raconte, lui, a été écrit par quelqu'un qu'il n'a jamais vu.

Ce numéro-là, je le joue à vos tables.

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Combien de fois a-t-il joué au Crazy Horse ?

Plus de 4 000 fois, sur une vingtaine d'années. Selon son site officiel, il a donné plus de 4 000 représentations au Crazy Horse de Paris sur une vingtaine d'années, et signé quatre prime-time sur M6 réunissant cinq millions de téléspectateurs. Le chiffre circule partout, toujours cité, jamais expliqué. Il mérite pourtant qu'on s'y arrête, parce qu'il décrit une réalité que le public n'imagine pas.

Un numéro de cabaret dure de dix à quinze minutes et se joue deux fois par soir, six soirs sur sept, devant une salle renouvelée à chaque service. Rien n'y est laissé au hasard : la lumière est réglée à la seconde, les entrées sont chronométrées sur la revue, et l'artiste n'a aucun moyen d'allonger ou de raccourcir. C'est l'exercice le plus exigeant du métier, non par sa difficulté technique, mais par sa répétition. Un tour usé pendant vingt ans finit par mourir devant le public si personne ne le retravaille.

C'est très exactement pour cette raison qu'un créateur tient dans ce format là où d'autres s'épuisent. Quand on sait fabriquer ses effets, on peut réparer son propre numéro sans attendre que quelqu'un d'autre vende la solution. Un interprète qui ne crée pas dépend du marché ; un créateur ne dépend que de lui-même, et sur vingt ans c'est une forme d'endurance.

Le visage que tous les francophones ont vu

Son autre carrière est celle d'un comédien, et elle est plus fournie qu'on ne le croit. Sa filmographie compte une quinzaine de titres et commence avec un premier rôle dans Lacombe Lucien de Louis Malle, en 1974. Pour un magicien de vingt et un ans, débuter chez Malle n'est pas un hasard de casting : c'est une porte que très peu d'artistes de variétés ont franchie.

Mais le rôle que la France entière a vu sans le savoir est ailleurs : il joue Gaëtan dans Les Sous-doués en 1980, puis dans Les Sous-doués en vacances en 1982. La même année 1980, on le retrouve en clochard dans Inspecteur la Bavure. Et en 1999, il est Plaintecontrix dans Astérix et Obélix contre César.

Un détail que personne ne relève : quatre de ces films sont signés Claude Zidi. Le réalisateur le plus populaire du cinéma comique français l'a rappelé pendant vingt ans, de 1980 à 1999. On n'engage pas quatre fois un comédien par hasard.

AnnéeFilmRéalisateurRôle
1974Lacombe LucienLouis MallePatrick Vaugeois
1980Les Sous-douésClaude ZidiGaëtan
1980Inspecteur la BavureClaude Zidile clochard
1982Les Sous-doués en vacancesClaude ZidiGaëtan
1999Astérix et Obélix contre CésarClaude ZidiPlaintecontrix

Les cinq rôles les plus visibles d'une filmographie qui en compte une quinzaine. Source : sa fiche Wikipédia, vérifiée le 31 août 2026.

Ce parcours n'est pas décoratif. Un magicien qui a tourné apporte à la scène quelque chose que la technique seule ne donne pas : le sens du timing comique, la capacité à tenir un personnage, et l'habitude d'être regardé de très près par une caméra qui, elle, ne cligne pas des yeux. C'est ce qui distingue sa magie de la démonstration de virtuosité. Chez lui, l'effet sert la blague, jamais l'inverse.

1974 · cinémaLacombe LucienUn premier rôle chez Louis Malle, à vingt et un ans, avant même la notoriété magique.
1980 et 1982 · cinémaLes Sous-douésIl y joue Gaëtan, dans le film et sa suite. Le rôle que le public a vu sans jamais faire le lien avec le magicien.
2006 · FISMPrix spécialDistinction hors compétition, pour la créativité et la vision. Elle ne récompense pas un numéro, mais une œuvre.
2017 · Fred Kaps AwardLa consécration du milieuLe prix qui porte le nom du plus grand manipulateur néerlandais, décerné à une carrière entière.

Comment un tour passe-t-il d'un magicien à un autre ?

Par les conférences et les notes. Un créateur ne vend pas seulement des objets, il vend de la méthode. C'est la seconde moitié de son activité, et celle qui explique sa réputation internationale bien au-delà des scènes françaises. Un magicien japonais ou brésilien qui ne l'a jamais vu jouer peut parfaitement connaître son travail, parce qu'il en a lu les notes.

Il donne des conférences et des ateliers pour magiciens dans le monde entier. Dans le vocabulaire du métier, une conférence n'est pas un exposé : c'est une séance de travail où un professionnel expose ses solutions devant des confrères, qui repartent avec des notes et le droit de jouer ce qu'ils ont vu. C'est le circuit par lequel une idée se diffuse réellement, festival après festival, du congrès de la Fédération française de magie aux rencontres internationales.

De là viennent ses publications : livres et notes de conférence, où les effets sont décrits assez précisément pour être reproduits. Il tient également une boutique en ligne réservée aux magiciens sur son site officiel, et a signé le coffret double DVD Bloomeries. Le grand public ne croise jamais ces objets, qui sont pourtant la vraie bibliographie d'un créateur.

Sa signature technique tient en une phrase : il travaille avec ce qui traîne. Un élastique, un trombone, un billet, un paquet de cigarettes. C'est de la prestidigitation au sens strict, jouée en close-up, où l'objet ordinaire fait la moitié du travail parce que le spectateur sait déjà à quoi il sert. Une carte truquée impressionne ; un trombone qui se noue tout seul inquiète.

Gaëtan Bloom en close-up, deux cartes en main, devant un rideau rouge
À cette distance, il n'y a plus d'angle mort ni de rideau derrière lequel se cacher. Il ne reste que les mains, et ce qu'on raconte pendant qu'elles travaillent.
Gaëtan Bloom sur scène, présentant les deux moitiés d'un agrume, dans un numéro construit autour d'un objet du quotidien
Sa signature : un objet que tout le monde reconnaît, détourné devant vous. Un agrume fait le travail qu'un accessoire coûteux ne ferait pas.

Ce goût de l'objet quotidien vient de la scène qui l'a formé. Les grandes scènes parisiennes et le café-théâtre imposent de jouer serré, sans décor et sans filet, devant des gens attablés qui n'ont pas payé pour de la magie. On y apprend vite ce qui fonctionne à un mètre.

L'homme qu'on appelle quand le trucage doit être réel

Il y a une troisième activité, la moins visible des trois, et c'est celle que les pages qui lui sont consacrées mentionnent le plus vite avant de passer à autre chose : il conçoit des effets spéciaux pour le cinéma et le théâtre.

La distinction avec les effets numériques est nette et elle décide de qui on appelle. Un effet calculé en post-production peut tout montrer, mais il coûte cher et il se voit : le spectateur d'aujourd'hui a l'œil. Un effet mécanique se produit devant la caméra, en une prise, avec les comédiens dans le plan. Quand un metteur en scène veut que quelque chose arrive vraiment sur le plateau, il ne cherche pas un studio d'animation, il cherche quelqu'un qui sait fabriquer le mécanisme et le faire tenir vingt fois de suite.

Quand un metteur en scène veut que la chose arrive vraiment, il ne cherche pas un studio. Il cherche quelqu'un qui sait fabriquer le mécanisme.

C'est exactement le métier d'un créateur de tours, transposé. Les contraintes sont les mêmes que sur une scène de cabaret : l'effet doit fonctionner sous plusieurs angles, résister à la répétition, et se remonter vite entre deux prises.

Cette casquette de consultant artistique le fait aussi travailler avec des humoristes et des metteurs en scène qui n'ont rien à voir avec la magie, mais qui ont un problème concret à résoudre. C'est la même compétence que je mobilise quand je conçois un effet sur mesure pour un événement d'entreprise. C'est le même passage de témoin que celui de Georges Méliès, illusionniste devenu inventeur des trucages de cinéma, et que je raconte dans mon tour d'horizon des films de magie.

À quoi ressemble son travail ?

Décrire un tour ne sert à rien : il faut le voir. Voici six captations publiques qui couvrent les quatre facettes du personnage, du numéro de cabaret à l'historien de la magie.

Gaëtan Bloom exécutant les gobelets, le tour le plus ancien de la magie, sur un plateau de télévision
Les gobelets, sur un plateau de télévision. C'est le tour le plus ancien de la magie : on en trouve la trace deux mille ans avant nous, et il reste l'examen de passage de tout manipulateur.
Les épinglesSa création la plus reprise, expliquée pour les magiciens.
Il raconte Robert-HoudinPour Télérama, sur le père de la magie moderne.
The Good Old Days, 1983Le numéro de cabaret, à la télévision britannique.
Les OreillesUne routine comique, à mains nues.
Sous-doué de la magieLe clin d'œil au rôle qui l'a rendu familier.
Un portrait filméCrédité à Agnès Varda par la source qui le diffuse.

Ce que j'y vois, en professionnel

Magicien et mentaliste à Lyon depuis 2010, j'anime plus de 200 événements par an, et je ne regarde pas ces captations comme un spectateur. Trois choses m'y sautent aux yeux, que le grand public ne remarque pas.

Le minutage. Dans la captation de The Good Old Days, tournée en 1983, le numéro tient en un peu plus de cinq minutes sans un temps mort. Ce n'est pas une question de rythme naturel : c'est un texte écrit à la seconde, répété des centaines de fois, où chaque rire est prévu à l'endroit où il tombe. Sur une soirée d'entreprise de 150 personnes, c'est exactement le travail que je refais pour chaque nouvelle salle.

Les mains vides. Dans Les Oreilles comme dans les épingles, il n'y a ni table, ni décor, ni accessoire coûteux. C'est le choix le plus exigeant qui soit : sans matériel, il ne reste que la technique et le personnage pour tenir l'attention. C'est aussi la seule magie qui se transporte dans une poche, et donc la seule que je peux jouer partout, du cocktail debout au dîner assis.

Le rire qui protège. Regardez le moment où la salle rit : c'est presque toujours celui où la manipulation se fait. Ce n'est pas un hasard de mise en scène, c'est la misdirection la plus efficace du métier. Un public qui rit relâche son attention pendant une demi-seconde, et une demi-seconde suffit largement. Je l'ai vérifié sur des centaines de tables depuis quinze ans.

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Ce qu'il doit à Dominique Webb

Wikipédia le mentionne en une ligne : il fut l'élève de Dominique Webb. La formule mérite d'être développée, parce qu'elle raconte comment se transmet ce métier : pas dans une école publique, pas par un diplôme, mais de personne à personne, dans un atelier ou un arrière-boutique, à un âge où l'on décide d'une vie sans le savoir.

Le théâtre du Double Fond situe le début de sa passion à huit ans. Quatre ans plus tard, il pousse la porte d'une école : celle de Webb, qui a popularisé la magie à la télévision française dès les années 1960. C'est là qu'un gamin de douze ans est venu prendre ses premiers cours. Quarante ans plus tard, c'est ce même élève qui a mené l'entretien filmé où Webb, âgé, raconte sa carrière. La boucle dit tout de la magie française : un milieu minuscule, où l'on apprend chez quelqu'un et où l'on finit par recueillir sa parole.

Que valent vraiment ses récompenses ?

Bien plus qu'un classement de concours. Ses deux distinctions majeures sont mal comprises hors de la profession, parce qu'on les prend pour des victoires de concours. Ce n'en sont pas, et la nuance change tout : on peut gagner un championnat avec un seul numéro très bien rodé, on ne reçoit pas ces prix-là sans une œuvre derrière soi.

Les deux viennent de la FISM, la fédération internationale qui organise les championnats du monde de magie. C'est la même dont Juliana Chen a remporté le titre de manipulation en 1997, et elle ne distribue pas ces deux récompenses-là comme des médailles de concours.

2006 · FISMPrix spécialHors compétition. Il récompense la créativité et la vision, donc l'apport à la discipline, pas la performance d'un soir.
2017 · Fred Kaps AwardUne carrière entièreIl porte le nom du seul magicien à avoir été trois fois champion du monde. Il ne se remet pas chaque année, et il ne se demande pas.

Fred Kaps, dont le second porte le nom, tient dans ce métier une place à part : c'est le seul magicien de l'histoire à avoir été trois fois champion du monde, et il figure à ce titre dans mon panorama des plus grands magiciens. Recevoir les deux distinctions est une reconnaissance que très peu de Français ont obtenue.

Un trophée qui porte son nom

Il existe une troisième distinction, et c'est peut-être la plus parlante : elle ne lui est pas remise, elle porte son nom. Le Trophée de la créativité Gaëtan Bloom, lui, porte son nom et est décerné par l'Académie du Cercle Magique de Paris. En 2026, il est allé à Yann Frisch.

Donner le nom d'un vivant à un prix de créativité, dans un milieu qui ne distribue pas les compliments, revient à faire de lui une unité de mesure. C'est l'hommage le plus explicite que la magie française lui ait rendu, et il n'apparaît sur aucune de ses fiches de presse.

Où voir Gaëtan Bloom en spectacle ?

Il joue Comédie Magique au Double Fond, le café-théâtre parisien entièrement consacré à la magie, dans le Marais. C'est une salle particulière : on y voit de la magie de très près, en petit comité, et le lieu est codirigé par Alexandra Duvivier, fille du cartomane Dominique Duvivier, avec qui Bloom a partagé l'affiche à la fin des années 1980.

Affiche du spectacle Comédie Magique 2 de et avec Gaëtan Bloom, au théâtre du Double Fond à Paris
L'affiche de Comédie Magique 2 au Double Fond. Télérama y résume le personnage : « des tours furieusement drôles, inoubliable ».

C'est aussi le seul endroit où l'on peut vérifier ce que vaut vraiment un créateur sur scène. Beaucoup d'inventeurs sont de mauvais interprètes, et l'inverse est encore plus fréquent. Le voir jouer ce qu'il a écrit lui-même est une expérience que la plupart des magiciens de sa génération ne peuvent pas offrir.

Portrait en noir et blanc de Gaëtan Bloom
Cinquante ans de métier, dont l'essentiel s'est joué hors des projecteurs.

Six affirmations : à vous de trancher

Tout est dans la page au-dessus, mais deux de ces six affirmations sont fausses, et ce sont précisément celles que la plupart des articles consacrés à Gaëtan Bloom répètent sans vérifier. Les récompenses de magie et les parcours de formation sont les deux endroits où l'approximation prospère le plus. À vous de trancher.

Vrai ou faux · le saviez-vous ? Question 1 / 6  ·  Score 0
« Gaëtan Bloom » est un nom de scène. À l'état civil, il s'appelle Jean-Louis Blum.
Né à Paris en 1953. Le nom de scène est arrivé avec le personnage.

Ce que je retiens de son parcours

Magicien et mentaliste depuis plus de quinze ans, je regarde ce parcours avec une pensée précise : la trace qu'un artiste laisse ne se mesure pas à sa notoriété. Elle se mesure au nombre de gens qui travaillent avec ses outils.

Magicien professionnel depuis 2010, membre de la Fédération française de magie et noté 5,0/5 sur 158 avis Google, j'anime plus de 200 événements par an à Lyon, Genève et Paris. Sur une soirée d'entreprise de 150 personnes, je joue en close-up des principes que des créateurs comme lui ont résolus bien avant moi.

La trace se mesure aux outils, pas à la notoriété. Un magicien de télévision laisse des souvenirs. Un créateur laisse des méthodes, et les méthodes survivent aux souvenirs. Quand je construis un effet pour un client, je m'appuie sur des principes que quelqu'un a résolus avant moi, souvent sans que je sache son nom. C'est exactement le travail qu'il a fait pendant cinquante ans.

Et une leçon que je vérifie à chaque spectacle. son répertoire tient parce qu'il est drôle. Le rire n'est pas un enrobage sur la magie, c'est ce qui permet au spectateur de baisser la garde. Un public qui rit ne surveille pas vos mains.

Questions fréquentes

Qui est Gaëtan Bloom ?

Gaëtan Bloom, de son vrai nom Jean-Louis Blum, est un magicien, créateur et comédien français né en 1953 à Paris. Il est reconnu dans la profession comme inventeur d'effets joués dans le monde entier par d'autres magiciens. Il a tenu l'affiche plus de vingt ans au Crazy Horse, reçu le prix spécial de la FISM en 2006 et le Fred Kaps Award en 2017.

Quels films a tourné Gaëtan Bloom ?

Il débute dans Lacombe Lucien de Louis Malle en 1974. Il joue ensuite Gaëtan dans Les Sous-doués (1980) et Les Sous-doués en vacances (1982), un clochard dans Inspecteur la Bavure (1980), et Plaintecontrix dans Astérix et Obélix contre César (1999). Sa filmographie compte une quinzaine de titres.

Quelles récompenses a reçu Gaëtan Bloom ?

Deux distinctions majeures : le prix spécial de la FISM en 2006, qui récompense la créativité et la vision plutôt qu'une performance de concours, et le Fred Kaps Award en 2017, qui salue une carrière entière. Un troisième prix, le Trophée de la créativité, porte son nom et est décerné par le Cercle Magique de Paris.

Quels sont les tours créés par Gaëtan Bloom ?

Le théâtre du Double Fond cite notamment l'Intercessor, un effet de coin de carte déchiré, et l'Escalator, une version de la carte ambitieuse. Ces créations sont devenues des standards joués par d'autres professionnels, ce qui est la vraie mesure du travail d'un créateur en magie.

Combien de temps Gaëtan Bloom a-t-il joué au Crazy Horse ?

Plus de vingt ans, pour plus de 4 000 représentations selon son site officiel. Un numéro de cabaret se joue deux fois par soir, six soirs par semaine, dans un minutage réglé à la seconde : c'est le format le plus exigeant du métier par sa répétition.

Où voir Gaëtan Bloom en spectacle ?

Au Double Fond, le café-théâtre parisien dédié à la magie, dans le Marais, où il présente Comédie Magique. La salle est codirigée par Alexandra Duvivier, fille de Dominique Duvivier, avec qui Bloom a partagé l'affiche à la fin des années 1980.

Qui a formé Gaëtan Bloom ?

Il a été l'élève de Dominique Webb, qui avait ouvert une école de magie à Paris. Bloom y est entré à douze ans. Quarante ans plus tard, c'est lui qui a mené l'entretien filmé dans lequel Webb raconte sa carrière.

Quel est le style de magie de Gaëtan Bloom ?

Une comédie magique : des effets originaux au service du rire, plutôt qu'une démonstration de virtuosité. Son passage par le cinéma se sent sur scène, dans le sens du timing et la construction du personnage. Chez lui, le tour sert la blague, jamais l'inverse.

Affiche : matériel promotionnel du théâtre du Double Fond. Photographies de scène : transmises par Gaëtan Bloom. Faits vérifiés sur sa fiche Wikipédia et sur les sources citées dans le texte.

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